Dimanche soir dernier, Marc était l’invité de Zoé Sfez dans l’émission Soft Power sur France Culture. L’occasion pour lui de revenir sur la genèse de DELIGHT, et sur son ambition d’aider le public à mieux connaître le spectacle pour l’inciter à se rendre dans les salles, et les producteurs à mieux communiquer auprès de ce public.

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Avant d’en faire ses clients, Marc a été producteur de spectacle, et a ainsi lui-même ressenti ce manque d’outil : « Quand j’ai fait mon deuxième spectacle : on n’avait aucun moyen de parler aux gens, de leur dire que c’était la même troupe, le même metteur en scène. On ne connaissait pas notre public, on n’avait pas de lien avec lui.» C’est de cette frustration qu’est née la conviction que seul un acteur neutre, jouant ce rôle de tiers de confiance pourrait créer la connaissance supplémentaire qui manquait au secteur. « Les données étaient un petit peu partout, et finalement personne ne connaissait vraiment les gens qui étaient venu nous voir en masse l’an dernier. »

« Je trouvais ça invraisemblable qu’on ne puisse pas aider les producteurs de spectacle à passer dans l’ère du marketing moderne, à avoir les mêmes outils que les grosses structures, pour faire la plus belle chose du monde : faire rentrer du monde dans les salles. »

Grâce à cette mutualisation, DELIGHT a pu disposer d’un connaissance fine du public, et a fait travailler des scientifiques du LIP6 (CNRS) et a embauché des data scientists.

« On a essayé de se dire : « Qu’est-ce qui fait que quelqu’un qui a acheté Le Sacre du printemps de Pina Bausch à l’Opéra Garnier, est capable d’aller voir Orelsan ? » On a essayé de comprendre ce genre de choses pour demain faire des recommandations satisfaisantes au public. »

Interrogé sur le risque de ne proposer que des suggestions qui sont le reflet des spectacles vus par le passé, Marc s’est voulu rassurant : « On a créé DELIGHT pour éviter cet effet enfermant, en gros « tu as aimé U2, on te propose Coldplay ». On a pas besoin de nous pour faire ça, et il n’y a aucune valeur ajoutée »

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Pour arriver à faire ça, il faut surprendre, il faut mettre ce qu’on appelle la « sérendipité » dans les algorithmes : « La sérendipité, le hasard, se mesure en statistiques, et nous collaborons avec le consortium Algodiv, qui réunit les meilleurs chercheurs sur le sujet. »

DELIGHT veut également empêcher que ce qui s’est passé dans l’hôtellerie avec des géants mondiaux ne se reproduise dans le spectacle vivant. « Les hôtels ont fait ça, et c’est ce qu’on appelle « l’effet Booking », c’est le géant international Booking qui connait le client final, et les hôtels ne maîtrisent plus la relation avec leurs clients. »

Et Marc de conclure : « On veut éviter que des géants de la billetterie, ou Amazon, ou ces réseaux sociaux monopolisent la relation client. On veut que chaque artiste, chaque producteur, chaque salle, soient maîtres de la relation avec leur public. On leur donne les moyens de mieux connaître leur public, de l’actionner. Il y a de la place pour tout le monde, mais il faut que ceux qui ont l’intention culturelle et artistique restent les maîtres. »

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