Pascal Nègre a accordé mercredi 17 avril une interview au magazine Music Business Worldwide, pour partager sa vision du futur de la filière musicale. Selon lui, « les labels musicaux de demain ressembleront aux maisons d’éditions d’aujourd’hui ».

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas chômé depuis son départ d’Universal Music en février 2016, puisqu’il a d’ores et déjà monté avec le géant mondial Live Nation #NP, une société de production de concerts, et a annoncé en mars dernier la naissance du label musical Six et Sept, en partenariat avec le groupe M6.

A ses yeux, le changement majeur dans la production, tant phonographique qu’événementielle vient d’un bouleversement des pratiques des artistes, qui « se comportent de plus en plus comme des sociétés de production », et ont tendance à vouloir contrôler tous les aspects : les droits d’auteur, la promotion, le sponsoring, le streaming, les réseaux sociaux… Résultat des courses : les labels sont appelés à devenir des sociétés en charge de la distribution exclusivement. Ainsi pour Pascal Nègre, les labels musicaux de demain ont vocation à fonctionner comme les maisons d’éditions d’aujourd’hui.

Dans un monde où la marge de négociation des artistes vis-à-vis des labels s’accroît, les majors ne risquent-elles pas de voir leurs revenus fondre comme neige au soleil ? Pour Pascal Nègre, non : « Certes sur les gros hits, les majors gagneront moins d’argent, mais elles continueront d’en gagner beaucoup », ajoutant que le streaming est porteur de nouvelles opportunités de monétisation pour les fonds de catalogues. « Le fonds de catalogue va générer beaucoup de nouveaux revenus et de profits (…) pour le streaming, c’est plus de 55% ».

 

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Au fond, comme dans le monde de l’édition : le catalogue passé permet de financer la distribution, les avances et les publications futures. Pour l’ancien patron d’Universal Music, les revenus de la musique enregistrée sont d’ailleurs appelés à doubler dans les cinq prochaines années, ce qui devrait faire de la place pour de nouveaux entrants, et permettre ainsi un retour des indépendants. Pour Pascal Nègre, le combat s’est déplacé : « Pendant longtemps, c’était les majors contre les indépendants, les grands contre les petits. Aujourd’hui, c’est une bataille entre les rapides et les lents. Quand vous êtes petits, c’est plus facile de bouger rapidement. »

Moins prolixe sur sa collaboration avec Live Nation, Pascal Nègre concède seulement que « l’objectif est d’abord de créer une société de management sérieuse en France (…) qui veut être connue comme le spécialiste du management d’artistes ». Affaire à suivre, donc… même si Julien Clerc, Marc Lavoine, M, Carla Bruni ou encore Mylène Farmer, n’ont pas mis longtemps à se décider à le suivre, eux…

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