DELIGHT au Ticketing Business Forum

La semaine dernière, nous étions au Ticketing Business Forum à Manchester, le grand rendez-vous annuel des acteurs de la billetterie. L’occasion de découvrir les dernières nouveautés de la billetterie mais aussi de partir à la rencontre d’entrepreneurs inspirants.

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Parmi nos rencontres les plus marquantes, celle avec Philip-Shaw Stewart et Colin Palmer, co-fondateurs de BitTicket. Grâce à eux on a pas honte de dire qu’on a (enfin) compris le potentiel de transformation de la technologie blockchain pour les billetteries, les organisateurs d’événements, et bien sûr le public.

Derrière le buzzword, un réel potentiel

Oliver : Quel avantage présente la blockchain vis-à-vis d’un système de sécurité classique ? 

BitTicket : Il y a beaucoup de problèmes liés au manque de transparence dans la billetterie. La blockchain, grâce à son réseau de distribution visible de tous, est en mesure de garantir cette transparence. On se rend capable de mettre un coup de projecteur sur tous les problèmes auxquels fait face l’industrie, pour faire en sorte que ça n’arrive plus. D’abord parce qu’on peut les identifier, ce qu’on ne pouvait pas faire avant. Et parce qu’on peut maintenant faire quelque chose pour les éviter. Il y a en fait une méfiance intrinsèque à cette industrie, surtout vis à vis de Ticketmaster et les autres. Avec le système actuel, on ne peut pas savoir si l’acheteur a pris un billet pour le revendre sur un marché secondaire ou pour se rendre à l’événement. 

 

Oliver : Qu’entendez-vous par « méfiance intrinsèque » dans l’industrie de la billetterie ?
 
BitTicket : Les principales plateformes de distribution possèdent les plateformes de marché secondaire, c’est le cas de Ticketmaster par exemple, d’où la méfiance du spectateur. C’est exactement en partant que ce constat qu’on s’est dit : la blockchain a ce pouvoir de rétablir la confiance en érigeant la transparence en valeur cardinale. On peut tracer l’historique du billet, et ce faisant, voir s’il a été acheté par un robot pour le marché noir par exemple.

Si quelqu’un achète un billet sur un marché secondaire, on ne peut pas savoir si ce ticket va marcher quand on va se présenter aux portes de l’événement. On a tous entendu des histoires de gens qui se sont vus refuser l’entrée à un événement car les billets qu’ils avaient achetés sur internet ou devant la salle ne fonctionnaient pas. Grâce aux wallets, la blockchain sécurise ce type de transactions : tu sais d’où le billet vient, c’est pas juste un bout de papier ou un PDF transmis par e-mail.

Si tu reconnais la marque BitTicket, même sur un site de revente, tu pourras savoir que le billet est sans risque.

 

Conjuguer transparence et protection des données personnelles

Oliver : Tu as mentionné la transparence. Bien sûr que j’ai envie que le billet que j’ai acheté sur un marché secondaire fonctionne. Mais je n’ai pas vraiment envie que cela soit visible de tous. Comment garantir la transparence des transactions sans risque pour la vie privée ?

BitTicket :  En ce qui nous concerne, les données d’identité de l’acheteur ne sont jamais mises sur la blockchain : on les garde « offchain ». Si tu as acheté un billet sur un marché de revente, le vendeur sera identifié comme un usager certifié par BiTticket mais tu ne sauras pas qui est cette personne, ni où elle habite. C’est ce que nous appelons la sécurité anonymisée.

 

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Oliver : Disons que je sois organisateur d’un grand festival, comment puis-je tirer parti concrètement de la blockchain, et à qui dois-je m’adresser ?

BitTicket : Si tu es concerné par le problème du marché noir et des revendeurs illégaux, le fait de mettre en place un système de certification fondé sur la blockchain peut beaucoup t’aider. Notre technologie doit être intégrée dès l’émission de billet, c’est donc à ta billetterie qu’il faut t’adresser.

Pour la billetterie, une fois notre technologie mise en place, elle n’a pas à l’appliquer pour chaque billet émis, et nous ne facturons que pour les événements qui souhaitent disposer de cette certification. C’est un surcoût très modique que tu peux choisir de répercuter au spectateur final qui bénéficie d’une sécurité renforcée, ou le prendre à ta charge.

 

Non, la blockchain n’est pas la solution à tous les problèmes.

La blockchain peut apporter de la transparence et une connaissance plus précise de l’ampleur du phénomène de revente illégale et ce faisant, s’y attaquer. Néanmoins, la blockchain n’est pas la solution à tous les problèmes : elle ne peut ni ne cherche à empêcher totalement la revente de places.

Elle peut en revanche apporter une solution sérieuse au problème du billet acheté à la sauvette qui ne marche pas quand on arrive au contrôle d’accès, et aider à faire en sorte que de vrais fans puissent acheter des places à des prix abordables et ne soient pas victimes de revendeurs avides.

Finalement, il ne faut pas penser LA blockchain, car il y en a beaucoup, et chaque industrie a vocation à en avoir une dédiée. De nombreuses sociétés sont en concurrence, mais seule une par industrie parviendra à imposer sa blockchain et deviendra le standard.

C’est une utopie de vouloir chercher la décentralisation parfaite dans un système unique, et de toute façon nous sommes pas prêts pour ça.

Un grand merci à BitTicket pour cet entretien passionnant !

 

PS : Ce sujet de la blockchain au service de la billetterie vous intéresse ? Vous voulez en savoir davantage ? On vous prépare quelque chose de plus ambitieux, et c’est pour très bientôt #teasing

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