Vent d’orage sur la billetterie musicale en Italie

©Angelo Orsi / Lapresse

La majorité des professionnels italiens du spectacle sont vent debout contre un amendement voté lors du dernier collectif budgétaire qui stipule qu’à partir du 1er juillet 2019, les billets pour des spectacles attirant plus de 5 000 spectateurs devront être nominatifs. Ils envisagent même de déposer une pétition contre cette nouvelle loi. Introduite par le député Cinq-étoiles Sergio Battelli, celle-ci vise en principe à combattre le marché noir, le bagarinaggio en langage vernaculaire, un véritable fléau en Italie.

Pourtant la revente de billets de spectacles est interdite par une loi de mars 2018, hormis de façon « occasionnelle et non commerciale ». Cette loi, l’une des plus rigoureuse en Europe, a d’ailleurs déjà permis une forte diminution du marché noir, qui était, il est vrai, un passe-temps très prisé dans la péninsule. Cependant, certains sites comme Viagogo parviennent encore à contourner cette loi, d’où l’initiative du politicien.

Les professionnels s’inquiètent de l’accroissement des coûts liés à une telle mesure, entre autres du fait du renforcement nécessaire du personnel aux points de contrôle d’accès ou à l’activité d’échange de billets. Cette loi entraînera une augmentation des prix de près de deux tiers des billets vendus par les grandes billetteries. Sans parler du « chaos » qui sera, selon eux, provoqué par l’allongement des délais d’accès, et donc des files d’attente, aux entrées des salles de concert. Ils déplorent également que les billets ne puissent plus être échangés en famille ou entre amis au gré des nécessités.

De fait, même si l’on sait que les billets nominatifs fourniront de précieuses données pour les producteurs des spectacles concernés, on ne peut s’empêcher de souhaiter que ce soit avant tout le spectateur qui soit au centre des préoccupations : confort de l’accès aux salles, libre transfert du billet à son entourage en cas de besoin… et surtout la possibilité d’accéder aux spectacles de son choix sans que les places soient trustées par des intermédiaires aux intentions et méthodes douteuses. La quadrature du cercle ?